Highlights

Quand l’indécence triomphe : Barbecue célèbre la qualification d’Haïti au Mondial alors que ses gangs empêchent la sélection de jouer à domicile

todayNovember 19, 2025

Background
share close

Il y a des images qui scandalisent plus qu’elles n’amusent. Voir Jimmy Chérizier, alias Barbecue, exulter et célébrer la qualification historique d’Haïti pour la Coupe du monde 2026, alors même que son groupe armé “Viv Ansanm” est l’une des principales raisons pour lesquelles la sélection nationale n’a pas pu disputer un seul match à domicile pendant toute la phase éliminatoire, relève de l’indécence pure. Un affront. Une provocation. Une preuve supplémentaire du cynisme qui domine aujourd’hui certains secteurs armés du pays.

Le 18 novembre 2025, Haïti a décroché sa qualification après sa victoire 2–0 contre le Nicaragua, combinée au match nul 0–0 entre le Costa Rica et le Honduras. Une soirée historique, un moment de communion nationale, une explosion de joie qui a envahi les rues, avec des bandes rara, des klaxons et une population enfin heureuse d’unir ses émotions derrière une cause commune. Le peuple haïtien, meurtri depuis tant d’années, avait enfin droit à un souffle collectif.

Mais derrière les célébrations se cachait un vide immense, un trou dans le cœur de milliers de supporters : ce match décisif n’a pas eu lieu au stade Sylvio Cator. Pas de tribunes bleu et rouge. Pas d’hymne chanté par 20 000 voix. Pas d’enfants portant le drapeau. Pas d’Haïti jouant chez elle.

Pourquoi ?
Parce que le stade, ses alentours et tout le quartier qui l’entoure sont aujourd’hui contrôlés par des gangs, dont le groupe “Viv Ansanm” dirigé par ce même Barbecue.

Voilà pourquoi la sélection nationale, cette équipe qui devrait être le symbole ultime de souveraineté et d’unité, a dû s’exiler, jouer loin de son public, loin de son sol, loin de ses racines. Voilà pourquoi les Grenadiers n’ont pas pu sentir la chaleur de leur peuple. Non pas à cause d’une catastrophe naturelle, ni d’un manque d’infrastructures, mais parce que des hommes armés ont pris en otage des espaces publics essentiels.

Et c’est ce même homme, ce même “chef”, que l’on voit aujourd’hui célébrer la qualification comme s’il y avait contribué, comme si son règne armé n’était pas l’un des principaux obstacles à un retour du football international en Haïti.
Une hypocrisie monumentale. Un sans-gêne qui frôle l’insulte.

Sur les réseaux, plusieurs joueurs de la sélection ont lancé un message clair au pays :
« Ouvrez-nous le pays. Nous voulons jouer chez nous. »

Ce cri du cœur résonne comme un écho lointain, presque un appel dans le désert. Car ni l’État, paralysé, ni les groupes armés, préoccupés par leurs propres intérêts, ne semblent prêts à entendre cette demande simple, légitime, patriotique. Pendant que les joueurs rêvent d’un retour au bercail, certains “chefs” préfèrent s’approprier les victoires nationales qu’ils ont pourtant contribué à mutiler.

La qualification d’Haïti aurait pu aurait dû être l’occasion de célébrer un pays debout, uni, fier. Elle l’est, en partie. Mais elle met aussi en lumière la contradiction la plus douloureuse :
comment peut-on célébrer un triomphe dont on est l’un des bourreaux silencieux ?

L’histoire retiendra que les Grenadiers ont décroché un billet pour la Coupe du monde 2026 sans jamais sentir l’odeur de Port-au-Prince, sans jamais fouler la pelouse du Sylvio Cator, sans jamais entendre les chants du public local.
Et si Barbecue veut s’attribuer la joie du peuple, qu’il commence par remettre au peuple ce qui lui appartient :
ses rues, son stade, son pays.

Jean Dominique Beldor

Written by: pradm

Rate it

Post comments (0)

Leave a reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *