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Boukman Eksperyans et BélO ont enflammé la 20e édition du Festival Haïti en Folie

todayJuly 27, 2026

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Du 23 au 27 juillet 2026, Montréal a accueilli la 20e édition du Festival Haïti en Folie, organisé par la Fondation Fabienne Colas. Au fil des années, ce rendez-vous est devenu l’un des plus importants événements mettant en valeur la culture haïtienne au Canada. Derrière ce succès se trouve Fabienne Colas, actrice, réalisatrice et femme d’affaires d’origine haïtienne, dont l’engagement en faveur de la culture et de la diversité est largement reconnu au sein de la communauté haïtienne de Montréal.

Les activités avaient débuté dès le jeudi 23 juillet. Pour ma part, j’ai couvert les deux grandes journées musicales des 25 et 26 juillet au Parc La Fontaine.

Le samedi 25 juillet, l’ambiance a commencé bien avant les spectacles. Dès 15 heures, une foule importante s’était rassemblée au Parc des Compagnons afin d’assister au traditionnel défilé de rara. Cette année, deux formations participaient à cette parade, Rara Pa Nou et Rara Djaz de Montréal.

À 16 heures précises, le cortège s’est ébranlé. En tête, Rara Pa Nou, accompagné des danseuses d’Haïti Macaya, ouvrait la marche. Derrière suivait Rara Djaz de Montréal. Les deux groupes ont transformé la rue Mont-Royal en véritable scène à ciel ouvert. Au son des vaksin, des tambours et des percussions, les danseurs, les musiciens et les festivaliers ont parcouru les rues jusqu’au Parc La Fontaine dans une ambiance chaleureuse. Tout au long du trajet, plusieurs passants se sont arrêtés pour filmer ou rejoindre spontanément le cortège.

À mon arrivée au Parc La Fontaine, vers 17 h 30, Georges Siméon, mieux connu sous le nom de GS Montréal, assurait déjà le mot de bienvenue en compagnie de l’équipe d’animation. Un DJ faisait patienter le public, encore peu nombreux devant la scène. Il faut souligner que l’accès au festival était entièrement gratuit.

Quelques minutes plus tard, l’arrivée des deux groupes de rara a complètement changé l’atmosphère. Le site s’est rapidement rempli et les festivaliers ont commencé à prendre place devant la scène.

J’ai toutefois dû quitter momentanément le site pour une urgence. Lorsque je suis revenu, peu avant 19 heures, Jessie Simons était déjà sur scène. Je n’ai malheureusement assisté qu’à la fin de sa prestation. Malgré cela, il était facile de constater que le public appréciait le spectacle. Accompagnée de ses musiciens, l’artiste livrait un répertoire de konpa bien exécuté et recevait de chaleureux applaudissements.

Pendant l’entracte, le DJ, GS Montréal et Guarihana Jean-Louis ont maintenu l’ambiance en attendant l’arrivée de Rebecca Jean.

Le Parc La Fontaine était également animé par une multitude de kiosques proposant de la cuisine haïtienne, de l’artisanat, des livres, des vêtements, des sandales ainsi que plusieurs autres produits locaux. Les files d’attente étaient particulièrement impressionnantes devant les kiosques de restauration, notamment chez Bak Fritay, ainsi qu’au kiosque de la SAQ. Malgré l’achalandage, les visiteurs faisaient preuve d’une grande patience et d’un civisme remarquable.

Rebecca Jean est ensuite montée sur scène, installée derrière son clavier, accompagnée d’un bassiste, d’un percussionniste et d’une choriste. Elle a interprété plusieurs chansons de son répertoire devant un public de plus en plus nombreux.

Durant sa prestation, j’ai profité de l’occasion pour distribuer, avec mon équipe, les dépliants promotionnels de YO HIT RADIO. L’un de mes principaux objectifs en participant au festival était de faire découvrir la station et d’inviter les festivaliers à télécharger son application mobile. Nous avons rencontré un excellent accueil de la part du public.

Concentré sur cette distribution, je n’ai pas pu suivre l’intégralité du spectacle de Rebecca Jean. Cependant, les réactions du public après chacune de ses chansons témoignaient de la qualité de sa prestation. Lorsque je suis revenu devant la scène, elle interprétait notamment Se sèl medikaman nou ni de Kassav’. Les spectateurs chantaient avec elle et profitaient pleinement du moment.

À 21 h 25, le groupe que la majorité du public attendait est enfin monté sur scène, Boukman Eksperyans.

Véritable référence de la musique racine haïtienne, le groupe a offert une prestation à la hauteur de sa réputation. Lòlò Beaubrun, Manzè et Paul Beaubrun ont rapidement pris le contrôle de la scène grâce à leur énergie et à leur complicité avec le public.

Les grands classiques se sont succédé. Dès les premières notes de K+K=2K, l’ambiance est montée d’un cran. Puis sont venues Kè m pa sote, Tipa Tipa et Pèpè Yè. Des centaines de personnes chantaient chaque parole en chœur pendant que plusieurs dansaient devant la scène. Les musiciens ont démontré tout leur professionnalisme et rappelé pourquoi Boukman Eksperyans demeure une référence incontournable de la musique haïtienne.

La prestation s’est terminée peu avant 23 heures sous une longue ovation. Pour conclure cette première journée, Rara Pa Nou et Rara Djaz de Montréal ont repris leurs instruments afin d’accompagner les festivaliers jusqu’à la sortie du parc, prolongeant ainsi la fête jusque dans les rues avoisinantes.

Le dimanche 26 juillet revêtait une signification particulière puisqu’il coïncidait avec le 71e anniversaire du Compas Direct.

À mon arrivée vers 16 heures, la chanteuse montréalaise Modeline Raymond, connue sous le nom de Moray, était déjà sur scène. Accompagnée de ses musiciens, elle proposait une prestation de konpa de grande qualité.

En raison de la chaleur, plusieurs spectateurs préféraient rester à l’ombre des arbres plutôt que devant la scène. Malgré cela, au fil des chansons, la qualité de son interprétation a convaincu le public de s’approcher progressivement.

Elle a notamment interprété Ou poko geri, M Pa La Ankò de Rutshelle Guillaume ainsi que Hasta La Vista de ZIN. Chaque prestation recevait des applaudissements nourris.

Personnellement, c’était la première fois que je voyais Modeline Raymond sur scène. J’avais entendu parler de son talent, mais cette prestation a confirmé tout son potentiel. À mon avis, les médias montréalais devraient lui accorder davantage de visibilité, car elle possède les qualités nécessaires pour rivaliser avec plusieurs artistes féminines déjà bien établies.

À la fin de son spectacle, les spectateurs qui hésitaient à s’approcher de la scène au début de la prestation étaient désormais regroupés devant celle-ci et l’applaudissaient après chaque chanson.

La Chorale Communautaire de Montréal a ensuite pris le relais avec un répertoire gospel qui a profondément touché le public. Les chants en créole ont suscité une participation remarquable des spectateurs qui reprenaient les refrains avec enthousiasme.

Après une courte pause, je suis revenu devant la scène vers 19 h 15 pour assister au spectacle de clôture assuré par BélO.

L’auteur-compositeur-interprète, dont la réputation n’est plus à faire, avait préparé un concept spécialement conçu pour cette 20e édition, intitulé BélO au cœur des femmes.

Accompagné de ses deux choristes, Alexa Chérilus et Senthia Michel, il a ouvert le spectacle avec `Kote moun yo avant de captiver immédiatement l’assistance.

L’un des moments marquants de la soirée a été l’interprétation magistrale de Diore par Alexa Chérilus. Senthia Michel a également impressionné le public avec Se Kòmsi, chanson popularisée par BélO et Tifane.

Après avoir interprété Married Men, un titre lancé il y a environ huit mois, BélO a annoncé la sortie prochaine de son nouvel album intitulé Afro Spirit, un projet qui, selon lui, marquera un nouveau tournant dans sa carrière.

L’artiste a également revisité plusieurs chansons engagées de son répertoire, dont Ti Jean. Sara Renelique est ensuite montée sur scène pour interpréter Ti Nonm avec BélO avant de poursuivre seule pendant quelques minutes dans une prestation appréciée du public.

L’un des plus beaux moments du concert est survenu lorsque Senthia Michel a interprété un medley réunissant Yo de Tabou Combo et David de DP Express. Lorsque les paroles Nan peyi m map tounen an ont retenti, le public s’est levé d’un seul mouvement pour chanter avec les artistes.

Tout au long de la soirée, les spectateurs réclamaient Lakou Trankil et Jasmine. BélO a choisi de les garder pour la fin.

Après plus de deux heures de spectacle, il a interprété Lakou Trankil dans une ambiance exceptionnelle. Puis Jasmine est venue mettre le Parc La Fontaine en véritable ébullition. L’artiste en a profité pour descendre dans le public et partager un bain de foule qui restera certainement parmi les images fortes de cette 20e édition.

Avant de quitter la scène, BélO a présenté chacun de ses musiciens. Alors qu’il s’apprêtait à conclure le spectacle, le maître de cérémonie GS Montréal lui a demandé une dernière chanson. L’artiste a accepté et a offert une émouvante interprétation de Redemption Song de Bob Marley, reprise par un public entièrement conquis.

Pour une première couverture de Haïti en Folie, le bilan est largement positif. L’organisation mérite des félicitations pour la qualité de l’événement. Le public, composé de familles, de jeunes et d’aînés, a démontré un comportement exemplaire tout au long du week-end. Malgré les longues files devant certains kiosques, chacun respectait son tour dans le calme.

Autre élément remarquable, les artistes disposaient d’un véritable temps de scène. Contrairement à certains festivals où les prestations sont écourtées, Haïti en Folie privilégie la qualité plutôt que la quantité, permettant à chaque artiste de présenter un spectacle complet.

Le seul bémol concerne la sonorisation. Devant la scène, la qualité sonore était satisfaisante. En revanche, à l’arrière du site, le son perdait beaucoup de sa puissance. Les organisateurs ont d’ailleurs expliqué que les limites de décibels imposées par la Ville de Montréal ne permettaient pas d’augmenter davantage le volume.

Depuis mon arrivée au Canada, j’ai assisté à plusieurs événements organisés par la communauté haïtienne. Jusqu’à présent, Haïti en Folie est celui qui m’a le plus impressionné. Par son organisation, la qualité de sa programmation, le professionnalisme des artistes et l’ambiance conviviale qui y régnait, cette 20e édition restera sans aucun doute comme l’un des grands rendez-vous culturels de l’été montréalais.

 

Dominique Beldor

Written by: pradm

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